La spectaculaire pose de la coupole sur la future Grande Mosquée de Strasbourg

Selon le sénateur-maire Roland Ries, l’appui des quatre confessions alsaciennes reconnues – juive, luthérienne, réformée et catholique – en faveur de la Grande Mosquée s’est révélé décisif

Au moment où les Suisses votent pour ou contre les minarets, Strasbourg met sa Grande Mosquée sous toit. Et sans… minaret !, remarque Jean-Noël Cuénod dans son reportage pour la Tribune de Genève. Pesant 37 tonnes et présentant une hauteur de dix mètres et demi, la pose de l’armature de cette coupole près du pont du Heyritz qui enjambe l’Ill, est un moment important pour les musulmans de Strasbourg. Des lieux de culte dédiés à l’islam existent déjà dans la capitale alsacienne. Mais il manquait une Grande Mosquée aux musulmans qui forment 10% de la population strasbourgeoise (272 975 habitants). «Pour en arriver là, ce ne fut pas aisé, croyez-moi!», nous avertit le sénateur-maire socialiste de la ville, Roland Ries. Après quelques années de tergiversations, un projet fut fixé en 1998 : «A cette époque, l’extrême-droite était puissante et s’est violemment opposée à cette construction. Le Front National avait même envahi la salle du Conseil municipal au cours d’une séance. J’ai dû la faire évacuer», se souvient le sénateur-maire. Entretemps, le projet a subi des coupes. Les espaces culturels et… le minaret, primitivement prévus, ont été abandonnés. La Grande Mosquée devrait être définitivement achevée en juillet prochain – Inch’Allah. Le coût de cette opération s’élève à 8,5 millions d’euros, la Ville de Strasbourg met le terrain à disposition et couvre 10% du coût de construction; la région Alsace et le département du Bas-Rhin financent à hauteur de 15%. Le reste est assuré par les dons.

La laïcité à la française est bousculée par la montée de la religion dans l’entreprise

En France le ramadan ne pose plus vraiment de problème, il est entré dans les mœurs. Mais le foulard ou la prière au bureau continuent à créer des crispations dans les équipes

Des salariées qui portent le voile au bureau, quand d’autres demandent des jours de congés pour Kippour. Depuis trois ou quatre ans la sacro-sainte laïcité à la française est bousculée par la montée de la religion dans l’entreprise, souligne Emilie Denêtre sur Europe1.fr. Car il faut le rappeler en France, la neutralité religieuse c’est pour la fonction publique, dans le privé, aucune loi ne restreint l’exercice de la religion. Donc face à des nouvelles questions qui émergent au bureau, on trouve des managers embarrassés.
Mouna est ingénieur dans une grande entreprise parisienne. Au bureau, elle porte une longue djellaba ainsi qu’un foulard sur ses cheveux et son cou. Cette trentenaire raconte ses entretiens d’embauche parfois difficiles.
Dounia Bouzar est anthropologue du fait religieux. Elle intervient régulièrement dans les entreprises et a publié une enquête à ce sujet : Allah a-t-il sa place dans l’entreprise ? Ce qui ressort de son travail, c’est qu’en France le ramadan ne pose plus vraiment de problème, il est entré dans les mœurs. Mais le foulard ou la prière au bureau continuent à créer des crispations dans les équipes.
Elle conseille aux managers de bannir la question « ’que disent les religions ?’ parce qu’ils ne sont pas des théologiens ». Ils doivent « identifier ce qui relève de la liberté religieuse » et ce « qui relève d’un dysfonctionnement » :
Pour orienter les entreprises, La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a émis un avis en mars dernier. En substance : les demandes religieuses peuvent être refusées uniquement lorsqu’elles pénalisent le travail.

Jean-Yves Camus: « Dieudonné n’a pas d’analyse politique. Il est dans une succession de coups médiatiques qui sert d’abord à le faire vendre »

Aujourd'hui, le biais fréquent par lequel s'exprime l'antisémitisme, c'est l'antisionisme absolu

Aujourd'hui, le biais fréquent par lequel s'exprime l'antisémitisme, c'est l'antisionisme absolu

L’ex-humoriste et « militant antisioniste » Dieudonné, accompagné de Yahia Gouasmi, président du Parti Antisioniste, a rencontré le président iranien à Téhéran, affirmait lundi un communiqué émanant du parti. Guysen News a interrogé Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’IRIS (Institut de relations Internationales et stratégiques) et spécialiste des extrêmes en France. Extraits:
« [...] Pour bien comprendre cette affaire, il faut relever deux éléments. D’abord, elle n’intervient pas n’importe quand. Clotilde Reiss est encore aux mains du régime iranien. Un bras de fer est engagé entre la France et l’Iran pour obtenir sa libération à l’issue de ce procès truqué qui lui a été intenté. Il existe une frange du régime iranien qui est favorable à une attitude ouverte et coopérative à l’égard de l’occident et de la France en particulier. Il existe une autre frange qui est jusque-boutiste et qui souhaite continuer les provocations à l’égard de l’occident. Qu’il y ait des gens à Téhéran voulant recevoir Dieudonné au moment précis où il existe un contentieux entre la France et l’Iran, c’est tout à fait possible. D’autre part, il y a des accointances idéologiques autour de cet antisionisme absolu. Un certain nombre d’admirateurs de Dieudonné en France, estiment que l’Iran est le fer de lance du combat contre l’occident, c’est à dire les Etats-Unis et leurs alliés, Israël et les Juifs. C’est une nouvelle sorte de triangle du mal. L’islam sunnite orthodoxe incarné par Tarik Ramadan est ringard ou dépassé pour ces gens. Pour eux, la radicalité, c’est l’Iran, le Hezbollah ou le Hamas ! Ce sont leurs nouvelles idoles. [...] A- t-il une stratégie? L’homme n’a pas d’analyse politique. Il est dans une succession de coups médiatiques qui sert d’abord à le faire vendre. Il ne faut pas oublier que c’est un homme de spectacle. Plus ces shows marchent, plus il est content.
Il semblerait bien qu’il y ait un élément déterminant dans la radicalisation du personnage, c’est cette fameuse affaire de la demande de subventions formulé pour ce film sur le « code noir ». Subvention qu’il n’a jamais reçue de l’instance de l’Etat Français chargé d’aider la création cinématographique (NDLR: le Centre National de la Cinématographie ). Il en a ressenti une aigreur. Il essaye de la résoudre à Téhéran en obtenant un financement de l’Etat iranien pour faire ce film qu’il pense interdit par l’Etat Français. Ce film n’a pas été interdit. Il se trouve que le Centre National de la Cinématographie donne des aides en fonction d’un projet. Il est possible que celui-ci fût mauvais. En cherchant ses subventions en Iran, Dieudonné allie l’aspect professionnel à l’aspect politique.[...] Dieudonné n’a pas de pensée politique propre. Il est dans une logique de dénonciation du système. Des gens autour de lui l’entrainent vers des rivages idéologiques que lui-même ne maitrise pas. C’est quelqu’un qui n’a pas de formation politique. C’est un homme de spectacle.[...] Aujourd’hui, le discours de Dieudonné est d’extrême droite mais n’est pas islamiste. Ce n’est pas parce qu’on va en Iran qu’on est islamiste. Son discours rejoint toutes les obsessions traditionnelles de l’extrême droite française. D’ailleurs, la garde rapprochée de Dieudonné – qui l’a aidé à formulé son idéologie- est constituée de « français de souche » comme on les appelle dans les rangs de l’extrême droite. Des gens comme Marc Georges ou Alain Soral ont réussi à faire passer à des populations issues de l’immigration les vieux stéréotypes antisémites qui sont ceux de la France traditionnelle. Ils sont parvenus à opérer la synthèse entre ces préjugés anciens et les préjugés nouveaux, venus soit de l’islam, soit de ces populations issues de l’immigration.[...] » Lire l’interview